Dans un futur proche où la technologie règne en maître, Don Quichotte décide de vivre sa vie comme dans les livres. Accompagné de son fidèle compagnon Sancho Panza, il se rêve en défenseur des opprimés et invente sa vie par ses exploits.
Et si l’utopie chevaleresque se mesurait aux architectures d’un monde gouverné par une Intelligence Artificielle ?
Don Quichotte – nouvelle création 2025 du Théâtre du Corps – transporte le mythe de Cervantès dans un futur proche où Dulcinée est une Intelligence Artificielle qui promet l’harmonie, simplifie la langue et « ajuste la vérité au bien commun ». Face à cette douceur normative, un homme choisit l’excès : croire, aimer, risquer. La légende renaît comme un outil d’aujourd’hui pour interroger le contrôle, la visibilité et la part de rêve que nous acceptons (ou non) de déléguer aux algorithmes.
Julien Derouault incarne un chevalier d’aujourd’hui ; Sancho rêve d’être « Sancho la star », duo tendre et burlesque qui traverse géants numériques et moulins à données, avatars contemporains de l’illusion. Au fil des tableaux, le récit se déplie jusqu’à une mise en abyme : en prison, Cervantès parle à sa créature et fait vaciller la frontière entre auteur et personnage. Lorsque Dulcinée se grippe, l’Intelligence Artificielle laisse affleurer une faille sensible ; le mythe retrouve alors sa puissance : non pas vaincre, mais désobéir au renoncement.
La chorégraphie et mise en scène de Marie-Claude Pietragalla & Julien Derouault orchestrent un théâtre du corps où la précision côtoie l’élan : du solo fragmenté au chœur, du duel au cortège, 18 interprètes composent une société en mouvement, traversée d’humour, de lyrisme, de poésie et de tensions très actuelles. L’univers visuel conçu avec l’Intelligence Artificielle par Claire Allante installe des horizons changeants – architectures, mirages de données, paysages mentaux – qui dialoguent avec l’action. La partition musicale réunit Ludwig Minkus, Adriàn Berenguer et The Prodigy.
Ce Don Quichotte parle du présent : la tentation de l’optimisation, la fabrique de l’opinion, la quête de visibilité, la peur de la nuance. Aimer une intelligence Artificielle, est-ce trahir l’humain ou l’exposer à nu ? La pièce n’assène pas ; elle met en jeu. Elle préfère le risque du geste à la certitude du concept, l’humour à la morale, l’élan à la résignation.
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l’utilisation de Cookies utilisés pour réaliser des statistiques de visites sur notre site. Nous utilisons la technologie Google Analytics.
Vous pouvez définir ci-dessous vos préférences de consentement et déterminer la manière dont vous souhaitez que vos données soient utilisées en fonction des objectifs mentionnés.